Le Din et la Charia

                                    

                                               CHAPITRE VI
LE DIN ET LA CHARI’A

tiré de l’ouvrage Comprendre l’islam

                                         par Abul A’la Maudoudi

 

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Jusqu’à maintenant nous avons traité du Dîn ou foi en Dieu. Nous en arrivons maintenant à discuter la Chari’a du prophète Muhammad (pbAsl). Mais il nous faut d’abord établir clairement la différence entre Dîn et Chari’a

 

 

DISTINCTION ENTRE DIN ET CHARI’A

Dans les chapitres précédents, nous avons dit que tous les prophètes qui ont apparu périodiquement ont propagé l’islam, c’est-à-dire la foi en Dieu avec tous Ses attributs, le Jour du Jugement, les Prophètes, les Livres révélés, et ils demandaient par conséquent à leurs peuples respectifs de vivre une vie d’obéissance et de soumission au Seigneur. C’est ce qui constitue le Dîn; et il était commun aux enseignements de tous les prophètes.

Outre ce Dîn, il existe la Chari’a: le code détaillé de conduite, ou les canons décrivant les modes du culte; les critères de la morale et de la vie, les choses permises ou défendues, les lois tranchant entre le bien et le mal. Ce droit canon a subi des amendements de temps en temps et bien que chaque prophète eut le même Dîn, il apportait avec lui une Chari’a différent, mieux adapté aux conditions de son peuple et de son époque; ceci dans le but de faire progresser la civilisation des différents peuples à travers les âges et de les doter d’une moralité plus élevée. Le processus s’acheva avec l’arrivée de Muhammad, le dernier prophète (pbAsl) qui apporta le code définitif destiné à l’humanité tout entière pour toutes les époques à venir. Le Dîn n’a subi aucun changement, mais maintenant toutes les Chari’a antérieures ont été abrogées, il ne subsiste que l’universelle Chari’a que Muhammad (pbAsl) nous a apportée. C’est l’apogée, le finale du grand processus de formation qui fut entamé à l’aube de l’ère humaine.

 

 

LES SOURCES DE LA CHARI’A

Il existe deux sources où trouver la Chari’a de Muhammad (pbAsl) le Coran et le Hadith. Le Coran est une révélation divine; chacun de ses mots vient d’Allah. Le Hadith est un recueil des instructions données par le Dernier Prophète et de ses mémoires, telles qu’elles furent conservées par ceux qui vécurent en sa compagnie, ou ceux à qui elles furent transmises par les témoins directs. Ces textes furent ensuite épurés, et compilés sous forme de livres parmi lesquels les recueils faits par Mâlik, Al-Bukhârî, Muslim, At-Tirmidhî, ‘Abû Dâwwûd, An-Nasâ’î et Ibn Mâja sont considérés comme les plus authentiques.

 

FIQH

La loi détaillée provenant du Coran et du Hadith concernant les innombrables problèmes qui peuvent surgir dans la vie d’un homme, a été compilée par quelques-uns des plus éminents théologiens du passé. Les peuples musulmans seront à jamais reconnaissants à ces hommes sages clairvoyants et instruits qui consacrèrent leur vie à l’étude et à l’analyse du Coran et du Hadith, facilitant ainsi la tâche de tout musulman désireux de façonner son comportement quotidien en fonction des exigences de la Chari’a. C’est grâce à eux que les musulmans partout dans le monde peuvent suivre la Chari’a facilement, alors que leurs connaissances en matière de religion ne leur auraient jamais permis d’interpréter eux-mêmes correctement le Coran et le Hadith.

Au début, beaucoup de chefs religieux s’appliquèrent à cette tâche. Maintenant on peut distinguer quatre écoles principales de la pensée juridique:

a) Fiqh Al-Hanafî: c’est le Fiqh compilé par ‘Abû Hanîfa Nu`mân ibn Thâbit, aidé de ‘Abû Yûsuf, Muhammad Ach-Chaybânî, Zufar et d’autres, tous connus pour leur très grande connaissance des problèmes religieux. Il est connu sous le nom d’école Hanafî du Fiqh.

b) Fiqh Al-Mâlikî: de Mâlik ibn ‘Anas Al-Asbâhî.

c) Fiqh Al-Châfi`î: fondé par Muhammad ibn ‘Idrîs Ach-Châfi`î.

d) Fîqh Al-Hanbalî: fondé par ‘Ahmad ibn Hanbal [Voici les fondateurs de différentes écoles de Fiqh: ‘Abû Hanîfa Nu`mân ibn Thâbit : né en 80 de l’Hégire (699 après J.-C.), mort en 150 de l'Hégire (767 après J.-C.). Il y a environ 375 millions de disciples de ce Fiqh dans le monde, surtout en Turquie, au Pakistan, Bhârat (Inde), Afghanistan, Jordanie, Indochine, Chine, Union Soviétique. Mâlik ibn ‘Anas Al-‘Asbâhî: né en 93 de l'Hégire (714), mort en 179 de l'Hégire (795). Environ 75 millions de disciples de ce Fiqh: Maroc, Algérie, Tunisie, Soudan, Koweït, Bahreïn, Afrique Noire... Muhammad ibn ‘Idrîs Ach-Châfi`î: né en 150 de l'Hégire (767), mort en 204 de l’Hégire (820). Ses disciples sont environ 130 millions en Palestine, Liban, Egypte, Irak, Arabie Saoudite, Yémen, Indonésie, Inde du Sud... ‘Ahmad ibn Hanbal: né en 164 de l'Hégire (780), mort en 241 de l’Hégire (855). Environ 30 millions de disciples, surtout en Arabie Saoudite, Liban, Syrie.].

Ces Fiqh furent tous élaborés sous leur forme actuelle dans les deux cents années qui suivirent la mort du Prophète. S’il existe quelques différences entre ces quatre écoles, cela vient du fait que la vérité a de multiples faces. Quand des personnes différentes s’emploient à interpréter un événement donné, chacun l’explique en fonction de ses propres conceptions. Ce qui donne à ces différentes écoles de pensée l’authenticité qu’on leur accorde, c’est l’intégrité incontestable de leurs fondateurs respectifs et des méthodes qu’ils adoptèrent. C’est pourquoi tous les musulmans, quelle que soit l’école à laquelle ils appartiennent, considèrent ces quatre écoles comme également correctes et vraies. Bien que l’authenticité des quatre écoles de Fiqh ne soit pas mise en doute, on ne peut en suivre qu’une dans sa vie. Il y a pourtant le cas du groupe d’Ahl Al-Hadith qui estime que ceux qui ont une connaissance suffisante peuvent aborder directement le Coran et le Hadith pour y puiser des directives; ceux qui ne sont pas dotés de ces connaissances et de facultés suffisantes, devraient suivre le guide de leur choix pour tel sujet particulier [une autre école de pensée, celle des Chiites, possède également son propre Fiqh].

 

LE TASAWWUF

Le Fiqh traite de la conduite extérieure de l’homme, de l’accomplissement littéral de ses devoirs. Tout ce qui touche l’esprit du comportement humain est connu sous le nom de Tasawwûf. Par exemple, quand nous disons nos prières, le Fiqh juge seulement de l’accomplissement des exigences extérieures, telles qu’ablutions, orientation vers la ka`ba, heure et nombre des rak`a, tandis que le Tasawwûf jugera nos prières du point de vue de notre concentration, de notre dévotion, de la pureté de nos âmes, et de l’effet des prières sur notre morale et nos manières. Ainsi le vrai Tasawwûf islamique mesure notre esprit d’obéissance et de sincérité, tandis que le Fiqh veille à ce que nous suivions les règles dans leurs moindres détails. Un `Ibâda, qui suit les règles on apparence, mais sans conviction profonde, est comme un homme beau en apparence mais dénué de caractère; un `Ibâda plein de conviction, mais accompli au mépris des règles est comme un homme noble de caractère mais d’apparence contrefaite.

L’exemple ci-dessus explique la différence entre le Fiqh et le Tasawwûf. Mais malheureusement pour les musulmans, leurs connaissances diminuèrent, puis ils succombèrent aux philosophies perverties des puissances dominatrices d’alors, qui empruntèrent à leur foi seulement pour la déformer et y ajouter leurs dogmes pervertis.

Ils altérèrent la pureté du Tasawwûf islamique avec des absurdités indéfendables greffées sur la base du Coran et du Hadith. Progressivement apparut un groupe de musulmans qui s’estimaient au-dessus des exigences de la Chari’a. Ces gens n’avaient aucune compréhension de l’islam, car l’islam ne saurait admettre un Tasawwûf qui s’écarterait et dévierait de la Chari’a. Aucun Soufi n’a le droit d’enfreindre les limites de la Chari’a ou de traiter à la légère les obligations primordiales (Farâ’id), telles que les prières quotidiennes, le jeûne, la Zakâ, le Hajj. Le Tasawwûf au sens profond du terme, n’est qu’un intense amour d’Allah et de Muhammad (pbAsl), un tel amour exige une obéissance totale à leurs commandements exposés dans le Livre de Dieu et la Sunna de Son Prophète. Quiconque s’écarte de ces commandements divins profère un mensonge quand il proclame qu’il aime Allah et Son Prophète.

 

 

 Note : pour avoir la bio des fondateurs du Fiqh cliquez sur leurs noms

 

Source www.al-islam.com


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